Les carnavals de la honte

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Les carnavals sont historiquement des moments festifs où les puissants sont moqués. Aujourd’hui en Europe, certains défilés véhiculent des stéréotypes et des imageries racistes, antisémites et homophobes.
 
 
Antisémitisme assumé à Alost
 
En 2013, les carnavaliers avaient mis en scène un « char de déportation ». En 2019, un autre a colporté des stéréotypes antisémites de Juifs au nez crochu, entourés de rats et assis sur des sacs d’argent. En réponse, l’Unesco avait alors retiré cet événement de liste du Patrimoine immatériel de l’humanité. Actant de cette décision, les organisateurs du carnaval ont rebaptisé cette organisation « Unestapo », faisant référence à la Gestapo.
En 2020, les figures antisémites ont été ressorties, dans un cortège parsemé de « déguisements » en uniformes nazis.
 
 
Banalisation de la Shoah à Criptana
 
Quelques jours après, dans la petite ville espagnole de Criptana, des personnes déguisées en soldats nazis et d’autres en prisonniers juifs des camps de la mort ont défilé près d’un char évoquant un four crématoire.
 
 
Homophobie à Imotski
 
Le 23 février, dans cette petite ville conservatrice de Croatie, une représentation en papier mâché d’un couple gay avec un enfant a été brûlée publiquement. Cela fait suite à la validation par la Cour constitutionnelle de la possibilité pour un couple de même sexe d’accueillir des enfants dans le cadre de placement. Cet incident n’est pas le premier. En effet, en 2018 un exemplaire du premier livre publié en Croatie sur les familles monoparentales a été brûlé lors d’un carnaval.
 

Le SE-Unsa condamne fermement ces événements qui véhiculent, sous prétexte d’humour, des stéréotypes racistes, antisémites et homophobes. L’histoire nous a appris que leur banalisation conduit à la haine et à la violence.