Blanquer /Bloqueurs : l’École est la grande perdante

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La session du baccalauréat 2019 a été marquée par une crise sans précédent accumulant les conflits, tant dans les établissements et les jurys d’examen, que dans l’opinion publique.
 
Depuis plus de deux semaines, c’est l’escalade avec la grève de la surveillance des épreuves d’abord, puis la rétention des notes et enfin des blocages de jurys menés par des personnels engagés dans un bras de fer perdant avec un ministre n’ayant pas plus la volonté que la possibilité de céder.

La catastrophe a été évitée et le SE-Unsa qui avait refusé des actions touchant aux examens est soulagé que les bacheliers et leurs familles aient pu obtenir à temps les résultats d’un examen si symbolique dans notre pays.

Cependant l’École ressort abîmée de cette crise.

Cette crise dégrade l’image du service public d’éducation et met en difficulté l’ensemble des personnels, y compris ceux qui placent l’intérêt général avant toute revendication, par attachement au Service public.

Tout autant que le jusqu’au-boutisme des mobilisations, le SE-Unsa regrette la méthode et les choix gouvernementaux qui ont conduit à cette situation : le nombre et le rythme des réformes menées depuis 2017 sur fond de restrictions budgétaires sont incompatibles avec la sérénité nécessaire pour mener des politiques éducatives durables.

Le ministre doit répondre aux inquiétudes et aux désaccords que le SE-Unsa a exprimés à de nombreuses reprises sur la mise en œuvre de la réforme du lycée et du bac.

Le SE-Unsa a en effet tiré la sonnette d’alarme en février 2019, alors que les moyens annoncés en baisse pour la rentrée hypothèquent la possibilité de préserver les conditions d’enseignement, d’assurer une offre d’enseignements suffisante et un accompagnement des élèves à même de faire de cette réforme une vraie plus-value pédagogique.

Alors que les dotations par établissement s’affinaient, nous avons encore prévenu et demandé en mai 2019 un financement supplémentaire par les rectorats des cartes académiques des enseignements optionnels, nécessaires pour accompagner la construction des parcours et du projet universitaire des élèves.

Le sens du devoir des enseignants a permis de sortir de la crise mais il ne peut en aucun cas être considéré comme un soutien à la politique conduite.
Pour le SE-Unsa, le changement de méthode s’impose. Le ministre ne réussira pas la mise en place de sa réforme du lycée et du bac si on ne retrouve pas un climat plus apaisé.

Alors que certaines organisations syndicales ont fait le choix de pousser les personnels vers des actions illégales, impopulaires et contre-productives, le SE-Unsa poursuit sa méthode constructive pour obtenir des améliorations concrètes pour l’École, ses élèves et ses personnels. Il appartient désormais au ministre de répondre à nos demandes et à nos propositions.