Éducation prioritaire : ce que disent les collègues

| popularité : 4%
Depuis la rentrée, le SE-Unsa interroge les personnels qui travaillent en édu­cation prioritaire. Plus de 3700 collègues ont répondu à cette enquête. Analyse.


Alors, heureux en ZEP ?
Le vécu des enseignants de l’éducation prioritaire est plutôt positif.
Ils s’y sentent bien (77%), utiles (87%) et reconnus par les élèves (84%) comme par les parents (68%).
Concernant les pratiques, le bilan est là aussi positif. Plus de 86% des collègues affirment trouver de l’appui auprès de leurs collègues et 80% déclarent construire les projets pédagogiques en équipe. Là aussi on retrouve ce sentiment d’utilité, 64% considèrent que les pratiques pédagogiques de leur école/établissement permettent de lutter contre l’échec scolaire.

 

Valorisés par la hiérarchie ?

En revanche, une très grande majorité de collègues se sent mal reconnue par l’institution
(cf : graphique) mais aussi par la société.
Ils sont d’ailleurs 80% à considérer que leur rémunération n’est pas satisfaisante, que la formation n’est pas suffisante (76%) et que la charge de travail est trop lourde (73%).

 

Comment faire évoluer l’éducation prioritaire ?
Principale demande : garantir les moyens «éducation prioritaire» sur plusieurs années, jugée "très important" par 66% des collègues.
Deuxième priorité : «alléger les effectifs des classes», jugée «très important» par 64% des réponses. Enfin, 55% considèrent comme très important de travailler le partenariat école/familles.
D’autres idées sont plébiscitées comme «pouvoir faire appel à des enseignants spécialisés dans la grande difficulté scolaire au collège comme à l'école» (total important 88% des réponses), «inclure le temps de concertation dans le service des personnels» (très important pour 55,25%) ou «faire fonc­tionner effectivement les réseaux école/collège» (total "important" : 81,6%).

 
L’analyse du SE-Unsa

Quel que soit le niveau d’éducation prioritaire (national ou académique), pour développer des projets pédagogiques porteurs de réussite, il faut disposer de moyens stables et pérennes.  Dans cette période d’incertitude quant à l’avenir de la carte de l’éducation prioritaire, cette préoccupation devient première.
Les RRS ne doivent absolument pas être abandonnés. Certains d’entre eux se révèlent d’ailleurs plus en difficulté que certains réseaux Éclair. Le SE-Unsa milite pour un abondement des moyens et non une simple redistribution de l’enveloppe existante. Les moyens affectés doivent l’être selon des critères transparents et pour plusieurs années.
La sortie de certains réseaux de l’éducation prioritaire doit être accompagnée et progressive.
La relance du travail pédagogique en réseaux écoles-collège trouve un écho parmi ces collègues (81,6%). Notre syndicat s’inscrit très fortement dans cette dynamique.