L’extrême droite en chiffres

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Il ne s’agit pas ici pour le SE-Unsa de décrypter la sociologie du vote extrême droite, particulièrement dans les Fonctions publiques, mais d’en identifier quelques tendances révélatrices.

 

Quelques données sociologiques quant à l’électorat :

Aux élections européennes de 2014, 63 % des électeurs du FN étaient des hommes.

24% des électeurs du FN sont des ouvriers, 12% sont classés professions intermédiaires, 7% sont des cadres et professions libérales. (Source Harris interactive).

Généralement, plus l’électeur est d’une catégorie socio-professionnelle élevée, moins il vote à l’extrême droite. Cela se constate notamment dans la Fonction publique.

 

L’extrême droite dans la Fonction publique :

Aux élections présidentielles de 2012 (1er tour), 30 % des agents qui n’ont pas dépassé le niveau du baccalauréat ont voté extrême droite. Le taux est de 10 % pour les agents qui ont fait des études supérieures.

Catégorie C et précarité se conjuguent avec vote FN.

23 % des fonctionnaires ont voté à l’extrême droite, mais seulement 6 % des enseignants contre près de 40 % des militaires et policiers.

Le métier exercé ou la perception du métier influe sur le vote, ainsi que la proximité des agents et des usagers.

(Sources Cevipof)

La Fonction publique : un électorat visé par le FN

Les partis politiques ont toujours ciblé les fonctionnaires en raison de leur nombre, de leur abstentionnisme moindre, de leur esprit de corps. La gauche, qui avait choyé cet électorat, notamment sur le plan budgétaire, perd peu à peu son adhésion. L’extrême droite développe particulièrement certaines thématiques (voir ci dessous).

Quelles explications pour ce vote ?

Trois facteurs semblent expliquer la montée du vote extrême droite :

- l’autorité de l’État et la perte de prestige des fonctionnaires vis-à-vis de la population ;

- l’incapacité de l’État à organiser une mobilité professionnelle et le sentiment de ne plus pouvoir accéder à un ascenseur social ;

- le FN apparaît comme le seul défenseur de la laïcité, principe constitutif de la République.

(Sources Cevipof)

 

Les élus d’extrême droite :

2 députés sur 577 soit 0.34%

2 sénateurs sur 348 soit 0.57%

23 députés européens sur 74 soit 31 %

0 présidence de conseil général ou régional

118 conseillers régionaux sur 1 880 soit 6.27%

2 conseillers généraux sur 4 058 soit 0.05%

14 mairies sur 36 681 soit 0.04%

1 546 conseillers municipaux sur 536 519 soit 0.29 %.

 

Le basculement des ouvriers vers le FN, une idée reçue :

Le vote ouvrier en faveur du FN n’est pas un vote de rejet de la gauche. L’ouvrier communiste n’est qu’une image d’Épinal. L’électorat ouvrier s’est toujours partagé en deux parties. Les ouvriers qui traditionnellement votaient à gauche, à une moyenne supérieure de 20 points à la moyenne nationale, ont de plus en plus tendance à s’abstenir ; ceux qui votaient pour une droite modérée, le font de plus en plus pour une droite extrême.

(Source Florent Gougou et Nonna Mayer)

 

Bibliographie :

Le vote des fonctionnaires en 2012 ou la crise de l’appareil d’État par Luc Rouban, Éditions RAFP, 2013

Les électorats de Marine Le Pen ou les contraintes du succès par Luc Rouban, Éditions CEVIPOF, 2014

La France au Front : essai sur l’avenir du Front National par Pascal Perrineau, Éditions Fayard, 2014.

Dictionnaire de l’extrême droite par Nonna Mayer, Éditions Larousse, 2007

Vote FN aux européennes : une nouvelle assise électorale ? par Joël Gombin, note publiée par Observatoire des radicalités politiques, 2014.