Enquête E3C : inquiétudes et besoin de reconnaissance

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Le SE-Unsa a mené une enquête auprès des enseignants de lycée sur l’organisation des E3C dans la semaine du 25 au 29 novembre, avant l’annonce du report de l’ouverture de la banque nationale de sujets. Il en ressort que les conditions d’organisation sont jugées très négativement et que le besoin de reconnaissance de la charge de travail supplémentaire est très présent.
 
Des premières remontées, il ressort que près d’un tiers des collègues ne connaissaient pas à cette date les modalités d’organisation et n’avaient pas eu personnellement connaissance de la note de recommandations du ministère. Ils n’étaient que 0,1% à estimer que l’organisation des E3C était perçue positivement dans leur lycée.
 
Pour ceux qui étaient en mesure de répondre, environ 70% des lycées avaient choisi un sujet commun à tous les candidats de l’établissement passé sur le même créneau horaire. Cependant moins de 50% s’étaient mis d’accord sur une progression commune en amont. Dans 36% des cas, il n’était pas prévu de consulter tous les professeurs pour le choix des sujets et plus de la moitié ignoraient comment le proviseur allait procéder pour le choix définitif. 81% connaissaient la semaine retenue pour les épreuves, la plus choisie (1 lycée sur 3) étant celle du 20 au 25 janvier. Enfin, dans 26% des lycées, on prévoyait des salles installées en mode examen malgré les préconisations ministérielles de garder une configuration en classe « ordinaire ».
 
Deux collègues sur trois ont souhaité apporter des commentaires et des remarques, signe que le sujet les préoccupe fortement.
 
Il ressort de ces commentaires qu’ils regrettent le manque d’information ou une information très tardive, non seulement sur les modalités d’organisation mais aussi sur celles de la correction. Ils sont surtout inquiets des calibrages des sujets (seront-ils adaptés à l’avancement du travail avec leurs élèves ?), de l’absence de repères sur les exigences (pas de barême proposé avec le sujet 0) et de leur capacité à préparer correctement les élèves ou à « corriger le tir » dans le peu de temps qui reste avant les épreuves. Le report de la date d’accès aux sujets ne peut que leur compliquer un peu plus la tâche.
 
Ils souhaitent que les conditions d’organisation garantissent à la fois la sérénité du déroulement des épreuves et la sincérité de l’évaluation en évitant de faciliter la « triche ».
 
 Enfin, ils sont très nombreux à souligner que les corrections se dérouleront en même temps que les cours, souvent en même temps que le bac blanc des terminales. Ils revendiquent très fortement soit du temps libéré de cours pour corriger soit une indemnité pour rémunérer la charge de travail supplémentaire.
 
Le SE-Unsa a dénoncé à plusieurs reprises le calendrier insoutenable du ministre qui met tous les personnels en difficulté. Nous sommes favorables à des épreuves de contrôle continu cadrées nationalement, mais certainement pas dans ces conditions-là. Nous demandons la suppression de la première session des E3C, une décision qui ferait redescendre la tension dans les lycées et permettrait de préparer plus sereinement la suite (voir notre communiqué)