L’enseignement catholique se découvre une fibre sociale pour capter les moyens de l’éducation prioritaire

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La refondation de l’Éducation prioritaire initiée en 2014, prévoyait une révision de la carte des sites labellisés tous les 5 ans. Alors qu’une révision aurait dû avoir lieu en 2019, le ministre de l’Éducation nationale avait annoncé son report à la rentrée 2020, désormais décalé à la rentrée 2021 à cause de la crise sanitaire.
 
Le secrétaire général de l’enseignement catholique vient de déclarer, dans sa conférence de rentrée, vouloir poursuivre sa politique en faveur « d’une plus grande mixité sociale et scolaire ». Il a demandé à être pleinement associé à la nouvelle politique d’éducation prioritaire et ainsi bénéficier de moyens supplémentaires. Des fonds actuellement fléchés vers les réseaux d’éducation prioritaire, pourraient donc, en fonction des priorités académiques, être soustraits à l’enseignement public pour abonder les dotations des établissements privés.
 
Les organisations du CNAL s’opposeront fermement à ce projet et rappellent à cet égard des réalités incontestables :
 
  • l’enseignement privé, à 96 % catholique, scolarise deux fois moins de boursiers que dans l’enseignement public, et constitue des réservoirs d’entre-soi social et scolaire qui fragilisent le pacte républicain.
     
  • avec l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire à 3 ans, les municipalités verseront, à terme, 150 millions d’Euros par an aux établissements d’enseignement privé, pénalisant ainsi les écoles publiques.
     
  • la politique de financement public de l’enseignement privé, qui a 60 ans cette année, n’a jamais été évaluée. Les demandes formulées à la Cour des Comptes afin de savoir quel est le coût global de cette politique et le service qui est réellement rendu à la Nation, sont restées sans réponse.