L’Europe face à la guerre

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Des militaires massés aux frontières, des réfugiés qui quittent un pays attaqué, des bombardements qui touchent des civils... Autant d’images insoutenables et de situations dramatiques que nous ne pensions plus revoir en Europe...
 
Malgré les soubresauts de l’histoire, le vieux continent avait pourtant tenu ses promesses de stabilité et de paix pendant plus de 70 ans. La situation dans les Balkans au cœur des années 90 avait déjà constitué une première alerte et nous avait alors rappelé à quel point le projet européen est précieux mais fragile.
C’est aujourd’hui la folle obsession d’un homme, au mépris de toutes les règles du droit international, qui nous plonge dans l’incertitude la plus totale et nous fait craindre le pire. Plus que jamais, nous sommes tous concernés, tous préoccupés, tous mobilisés en tant que citoyens, en tant qu’européens, en tant qu’universalistes.
 
Notre organisation syndicale n’est pas déconnectée de la société. Elle s’inscrit dans son époque, dans le monde qui l’entoure et elle n’ignore rien des malheurs du monde, fussent-ils hors de nos frontières. C’est pourquoi nous avons conservé notre capacité d’indignation, condition d’une attitude fraternelle. Notre devoir est de nous soucier du monde dans lequel nous vivons, de le comprendre pour mieux l’expliquer et l’appréhender.
 
En effet, le souffle de cette guerre, juste à nos portes, se fait sentir dans chaque foyer, mais aussi dans nos écoles, nos collèges et nos lycées, suscitant d’innombrables questions et incertitudes.
 
Parce que nous sommes des militants démocrates et humanistes, nous ne pouvons rester indifférents au sort de la population ukrainienne. Nous sommes solidaires de cette population meurtrie et appelons à l’accueil le plus chaleureux des réfugiés qui arriveront dans notre pays. Mais au-delà de l’urgence et de l’émotion provoquée, c’est bien tout notre système de valeurs qui est frappé de plein fouet.
 
Ainsi, l’Europe, pilier de notre boussole militante, est-elle remise en question. L’Union européenne apparaît telle qu’elle est : un géant économique aux pieds d’argile. Dès lors nous mesurons le chemin qu’il reste à parcourir pour arriver à forger une entité cohérente, solidaire et protectrice.
 
Nul ne sait ce qu’il adviendra et l’orientation qui sera donnée à la construction européenne, mais ce drame est indéniablement un point de bascule dont nous ne pourrons sortir indemnes. Il faudra nécessairement en tirer toutes les conclusions sur nos objectifs prioritaires, notre volonté de construire ensemble et les moyens que nous mettrons en œuvre pour parachever ce beau projet européen comme l’avaient imaginé ses pères fondateurs.