2020 : année la plus chaude en France depuis 1900

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L’année 2020 sera donc l’année la plus chaude connue en France depuis 1900, selon des données de Météo-France. L’année qui s’achève est loin d’être un cas particulier, elle s’inscrit dans une dynamique liée au réchauffement climatique.
 
Le rafraîchissement de cette fin d’année n’aura rien changé, l’année 2020 est la plus chaude jamais enregistrée depuis que les relevés existent, c’est à dire depuis 120 ans. « La température annuelle sur l’ensemble de l’année est de 14°C  », explique Christine Berne climatologue à Météo France, « soit un dépassement de la normale de 1,5°C  ».
 
Une succession de mois « chauds »
L’année 2020 se classe ainsi en haut du podium, devant 2018 et 2014, avec une série d’événements extrêmes ayant jalonné toute l’année, des tempêtes du début d’année aux épisodes de pluies exceptionnels de l’automne, en passant par deux épisodes de canicule pendant l’été (du 30 juillet au 1er août, puis du 6 au 13 août).
 
« En début d’année, le pays a connu son deuxième mois de février le plus chaud de l’histoire, jalonné par plusieurs pics de douceur remarquable et de nombreux records », note Météo-France. Cette année 2020 a été jalonnée par une succession de mois « chauds », à l’exception des mois de juin et octobre « relativement proches de la normale ». Autre signe du réchauffement de la planète : sur 120 années depuis que les moyennes nationales sont mesurées, neuf des dix années les plus chaudes appartiennent au XXIe siècle, et sept, à la dernière décennie. Ce réchauffement reflète fidèlement celui qui est constaté à l’échelle planétaire.
 
Pluviométrie : l’ouest arrosé et l’est très sec
Depuis le début de l’année 2020, les précipitations ont été particulièrement déficitaires en janvier, avril, juillet (record sur la période 1959-2020 avec moins de 20 mm en moyenne sur la France) et novembre (sur le podium des 3 mois de novembre les plus secs derrière novembre 1978 et comparable à novembre 1981). La pluviométrie a été géographiquement contrastée : excédentaire sur la façade atlantique et l’est des Pyrénées mais souvent déficitaire de 10 à 40 % sur la moitié est du pays.
En moyenne sur l’année et sur l’ensemble du pays, la pluviométrie devrait être proche de la normale.
 
Du printemps au début de l’automne, le déficit pluviométrique associé à des températures souvent élevées a contribué à un net assèchement des sols sur le quart nord-est.
 
Ainsi, malgré un hiver pluvieux, l’année 2020 a été de nouveau marquée par une sécheresse agricole sévère. Durant le printemps et l’été, les sols ont été très secs, voire extrêmement secs sur le Nord et l’Est du pays comme le montre l’indicateur de sécheresse des sols d’avril à septembre 2020. À noter que les régions Grand-Est, Bourgogne - Franche-Comté et Auvergne - Rhône-Alpes subissent une sécheresse estivale depuis trois années consécutives.
 
L’année 2020 n’est pas un cas particulier
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a indiqué que la décennie 2010-2020 a également été la plus chaude jamais mesurée. Sept des dix années se sont effectivement inscrites parmi les plus chaudes depuis le début de la collecte des données climatiques, en 1891. Une dynamique de réchauffement climatique avec des effets bien perceptibles cette année. « Ce qui porte la marque du réchauffement climatique ce sont les vagues de chaleur de l’été dernier en juillet août mais aussi, quelque chose qui est nouveau, une canicule tardive au mois de septembre. »
 
Source Météo France

Avant, les records de température se concentraient pendant les mois d’été, juillet et août. Météo France s’attend, avec le changement climatique, à avoir des vagues de chaleur extrêmes dès le mois de mai et jusqu’à la fin septembre. 
 
Depuis cette période, le monde aurait gagné en moyenne près de 0,07 °C par décennie, mais la tendance s’est accélérée à un rythme effréné au cours des cinquante dernières années.
Sans la mise en place et le respect de mesures au niveau mondial, le réchauffement climatique devrait continuer et mettre en péril la biodiversité et augmenter l’intensité et la fréquence de catastrophes climatiques (ouragans, inondations, etc). De plus, les migrations climatiques risquent également de provoquer de nombreuses crises liées aux déplacements de populations.
 
C’est pourquoi de fortes attentes pèsent sur la COP26 qui aura lieu en novembre 2021 à Glasgow, où les États représentés devront se donner des objectifs à court, moyen et long terme pour freiner l’empreinte carbone et le réchauffement climatique.