Ce que les évaluations en début de 6e nous disent et ce qu’elles ne nous disent pas

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La DEPP* nous livre une analyse des évaluations 2018 des performances en français et en mathématiques des élèves entrant en 6e. Ces évaluations, mises en œuvre depuis deux ans, peuvent avoir un intérêt pour orienter les politiques académiques mais elles n’ont finalement que peu d’intérêt pour les enseignants, bien que ce soit officiellement pour eux que ces évaluations sont réalisées.
 
Le millésime 2018 de ces évaluations montrent peu de différence avec 2017. La proportion d’élèves entrant en 6e et présentant une bonne maîtrise en français est de 87 %. Pour les mathématiques, 72 %.
Sans grande surprise hélas, on constate que les filles réussissent mieux en français, les garçons en mathématiques. On ne sera pas étonné non plus que les élèves « en retard » soient plus en difficulté, de même que les élèves de REP+ et les élèves issus de milieux défavorisés. Les écarts de maîtrise sont également très grands selon l’implantation géographique des établissements, maîtrise très faible dans les DROM**, très élevée dans les établissements parisiens. Un simple constat de l'échec de notre système à lutter conte les inégalités, finalement.
 
Une partie de cette analyse porte sur l’équité des académies (les écarts de performances observés entre les élèves des collèges les plus favorisés socialement et les élèves des collèges les moins favorisés) et montre qu’en la matière, les académies de Rennes, de Grenoble et de Limoges parviendraient le mieux à combiner performance et équité. C’est bien de le constater, mais il serait surtout intéressant de se pencher sur les raisons de cette plus-value, de les comprendre et de les généraliser. Cependant n’y aurait il pas un biais méthodologique à vouloir comparer ces écarts entre des territoires aux sociologies incomparables ? Un établissement REP+ de la Seine-Saint-Denis ou de Mayotte peut il être placé au même niveau que celui d’un collège REP+ de l’Ille-et-Vilaine ou de la Haute-Vienne ? 
 
Par ailleurs, ces évaluations auront encore été d’une faible utilité pour les enseignants dans leurs classes. Les raisons en sont connues : évaluation faites en cours de cycle, résultats inexploitables en raison des modalités de passation et des supports de restitution qui ne font que « donner un score » sans chercher à le comprendre. Heureusement que les enseignants ne comptent pas dessus pour poser les bases de leur pédagogie au service de leurs élèves.
 
* Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance
**Départements et régions d'outre-mer