CSP : un essai à transformer pour l’évaluation du socle commun

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Le Conseil supérieur des programmes vient de publier ses propositions pour l’évaluation du socle commun. Pour le SE-Unsa, ce texte fixe de bonnes orientations pour renouveler l’évaluation des élèves à l’école et au collège.

Des ruptures significatives

Ce texte marque des ruptures significatives avec les pratiques traditionnelles d’évaluation et de certification dans notre système éducatif :

-       En restructurant  le socle commun en 8 “blocs de compétences générales” non-compensables entre eux pour la certification, il rompt avec la logique de la moyenne générale.

-       En proposant des descripteurs qualitatifs des niveaux de maîtrise attendus à la fin de chaque cycle pour chaque bloc de compétences, il permet de sortir de la multiplication des items à valider, tout en offrant une alternative aux notes chiffrées et aux moyennes.

Ces avancées méritent d’être soutenues car elles vont dans le sens d’une évaluation davantage au service des apprentissages que de la sélection.

Par ailleurs, le CSP annonce la suppression du livret personnel de compétences (LPC). Pour autant,  cette annonce ne dispensera pas d’une réflexion sur un outil de suivi partagé de l’acquisition des compétences, de l’école au collège.

Une opérationnalisation encore à construire

L’opérationnalisation des propositions devra se poursuivre dans les mois et les années à venir, car la didactisation des compétences est encore très largement à construire. Des référentiels de compétences, comportant des échelles progressives de niveau de maîtrise, permettront aux équipes pédagogiques de mettre en place une évaluation positive, au service des apprentissages.

Ces outils doivent notamment permettre de construire une culture professionnelle commune de l’évaluation des élèves, liant véritablement l’école et le collège. Ils doivent permettre de repenser la communication avec les familles, en rendant plus explicites les attendus scolaires et les acquis des élèves.

Le CSP propose une première rédaction des niveaux de maîtrise attendus à la fin de chaque cycle dans chaque bloc de compétences. Les quatre premiers blocs, qui renvoient à des compétences proches du socle précédent, donnent lieu à des descripteurs assez pertinents. En revanche, les trois derniers blocs souffrent largement du fait qu’ils n’ont pas été définis en référence à des compétences : il sera pourtant nécessaire de construire des descripteurs qualitatifs pour sortir du catalogue de connaissances.

La fin de la double prescription

Pour le CSP, la validation du socle commun vaut attribution du diplôme national du brevet. C’est une bonne nouvelle : on va pouvoir enfin sortir du double système d’évaluation (par les notes et les moyennes d’une part, par les niveaux de compétence de l’autre).

Les modalités de validation de l’acquisition du socle commun à la fin du cycle 4 restent cependant complexes :

-       deux projets personnels conduits l’un en quatrième, l’autre en troisième, avec production et présentation orale;

-       une épreuve terminale d’examen anonymée, définie nationalement, permettant d’évaluer plusieurs compétences du socle;

-       des situations d’évaluation certificative mises en place au cours du cycle 4, conçues collectivement à partir d’une banque d’exemples.

L’épreuve terminale d’examen est censée rassurer les élèves et les familles sur une certaine “objectivité” de l’évaluation. Elle va surtout consommer beaucoup de temps et d’énergie et placer parfois les conseils de classe qui valideront ou pas le DNB dans des situations délicates. L’utilisation de référentiels communs et de banques de situations d’évaluation doit suffire à créer des attentes partagées.

            Les propositions du CSP constituent une vision exigeante de l’évaluation. Elles pourront alimenter les débats à venir sur l’évaluation dans la scolarité obligatoire car elles ne tranchent pas toutes les questions. Sur cette base, le SE-Unsa formulera prochainement, dans le cadre de la conférence nationale sur l’évaluation, ses propositions pour évaluer le socle commun, de l’école au collège.