Pass Culture : une coupe budgétaire qui passe mal
| popularité : 23%
La part collective du Pass culture, qui permet aux établissements de financer des projets culturels à destination des élèves, est la dernière victime en date de la politique de rigueur budgétaire : les établissements vont devoir se partager 10 millions d’euros d’ici à la fin de l’année scolaire. Une mauvaise nouvelle qui a mis la communauté éducative en émoi.
Au départ, une belle idée
Généralisé par le ministère de la culture en 2021, le Pass culture est une allocation destinée aux jeunes de 15 à 18 ans sur l’ensemble du territoire français. La part individuelle du Pass culture, à laquelle tous les jeunes sont éligibles (de 20 à 300 € selon l’âge), est destinée à l’achat de biens culturels. La part collective, mise en place en 2022, est un crédit alloué à chaque classe au prorata du nombre d’élèves, afin de financer des projets d’éducation artistique et culturelle. Depuis septembre 2023, cette part collective est accessible à toutes les classes de la 6e à la terminale (de 20 à 30 € par élève, selon la classe).
À l’arrivée, une victime de la politique de rigueur budgétaire
C’est cette part collective, permettant de financer de nombreux projets dans les établissements, qui est aujourd’hui menacée. Dans le courant de la dernière semaine de janvier, les chefs d’établissements ont été informés du gel de la part collective, réduisant à 10 millions d’euros les crédits disponibles pour financer tous les projets jusqu’à la fin de l’année scolaire.
Une bien mauvaise nouvelle qui a généré une course à la validation de projets sur la plateforme dédiée avant l’épuisement des fonds. De nombreux projets ne pourront pas être financés. Le ministère de l’Éducation, dans un communiqué, se veut rassurant en promettant d’examiner au cas par cas les projets qui n’auraient pu être financés au cas par cas.
En 2024, 97 millions d’euros étaient alloués à la part collective du Pass culture. En 2025, cette part est réduite à 72 millions d’euros. Afin d’assurer la survie du dispositif à la rentrée 2025, le ministère a scindé cette enveloppe budgétaire : 50 millions d’euros à utiliser jusqu’au mois de juin 2025, 22 millions de septembre à la fin de l’année civile.
Problème : au moment de l’annonce de la ministre, 80% des fonds pour l’année scolaire 2024/2025 avaient déjà été utilisés.
L’avis du SE-Unsa
Pour les personnels des établissements qui avaient déjà mal vécu la menace de se voir privés d’heures supplémentaires l’année dernière, c’est un nouveau coup porté par le ministère.
Le SE-Unsa soutient une politique culturelle de qualité pour les élèves, ce que permettait d’accomplir la part collective du Pass culture. Avec sa disparition, ne restera désormais que la part individuelle, brocardée par un rapport de la Cour des Comptes de décembre 2024, car elle ne permet pas d’installer chez les jeunes un rapport durable à la culture. L’École peut atteindre cet objectif, à condition qu’on lui en donne les moyens. Le SE-Unsa est donc signataire du courrier à la ministre lui demandant le maintien de ce budget.