Palmarès des lycées : quel intérêt ?

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Voilà vingt-trois ans que le ministère de l’Éducation nationale publie chaque année une batterie de données relatives aux performances des lycées, du taux d’accès de la seconde au bac au taux de réussite à l’examen en passant par la valeur ajoutée des établissements.
 
Les médias s’emparent inévitablement de ces chiffres pour classer les établissements selon, le plus souvent, les taux de réussite au baccalauréat, sans regarder les autres indicateurs.
 
Les professionnels savent que ces classements sont trompeurs. Rien n’est plus facile que de faire monter à 100 % son taux de réussite. Il suffit pour cela de sélectionner en amont les futurs candidats en les incitant fortement à redoubler ou à changer de séries voire de voies. Par ailleurs, les nombres de candidats présentés extrêmement différents d’un lycée à l’autre empêchent toute comparaison en pourcentage vraiment fiable.
 
Pour savoir ce que peut être un « bon lycée », il faut y regarder de plus près et combiner les critères. En particulier, l’indicateur « valeur ajoutée » est intéressant. Il indique si le lycée fait réussir plus ou moins d’élèves que ce qui est attendu, en fonction des caractéristiques de la population scolaire présente dans l’établissement. Quand le résultat constaté est nettement supérieur à l’attendu, on peut penser que la politique mise en place dans le lycée a un effet positif sur le résultat des élèves.
 
L’Inspection générale a d’ailleurs travaillé en 2016 sur le sujet  et montré que l’effet « chef d’établissement », l’effet « équipe de professeurs » (cohérence des discours et des actions autour d’un projet pédagogique), et une vie lycéenne facilitée sont des éléments manifestement bénéfiques à la réussite des lycéens.
 
Pour le SE-Unsa, la transparence sur ces données est une bonne chose. En revanche, le traitement médiatique qui en est fait est plus que discutable. Il est vrai que se coltiner des colonnes de chiffres est un exercice complexe qui prend du temps…  La nécessité de réagir vite à l’actualité n’en nlaisse sans doute pas suffisamment aux commentateurs.