Évaluations nationales mi-CP : toujours aussi inutiles

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La Depp (Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) vient de sortir sa note d’observation des évaluations nationales mi-CP.
Elle ne fait que confirmer ce qu’on savait déjà, à savoir que les élèves du privé réussissent bien mieux que ceux du public ; que les élèves en éducation prioritaire réussissent bien moins que ceux hors éducation prioritaire ; et que la situation est encore plus grave pour les élèves en Rep+.
 
La façon dont la Depp présente ses résultats a tendance à masquer l’écart entre les différents types d’écoles.
Les écarts remarqués lors de la rentrée 2020 en CP entre éducation prioritaire et hors éducation prioritaire ont un peu diminué, ce qui est logique si l’on considère que les élèves d’éducation prioritaire sont ceux qui ont le plus besoin d’école, cette dernière leur donnant la possibilité d’être sollicités davantage qu’à la maison.
 
Plus inquiétant, le dédoublement des classes de CP, coûteux en postes, n’a pas l’air de porter ses fruits en Rep+.
Même si la crise biaise les résultats, on ne peut que regretter le fait que ceux qui ont le plus besoin d’école ne profitent pas des réformes mises en place.
L’obstination du ministre pour l’évaluation - uniquement quand ça l’arrange, le dispositif PDMQDC n’a par exemple jamais été évalué - malgré une situation de crise, des jours d’école manqués, un enseignement à distance qui aura forcément été vécu différemment, indique une déconnexion totale avec la réalité du terrain.
Un des buts affichés des évaluations, à savoir proposer des remédiations pertinentes aux élèves en difficultés, est complètement dévoyé.
 
À ce stade, les évaluations ne servent pas à grand-chose, elles mettent le doigt sur les difficultés de l’École à faire réussir tous les élèves sans donner la possibilité aux enseignants de pouvoir mettre en œuvre une pédagogie mieux adaptée à leur public.
Ainsi la souplesse qu’offrait un dispositif est annulé par la rigidité d’un autre, et on ne peut que s’inquiéter des dédoublements des grandes sections sans concertation avec les équipes qui auraient sans doute eu des propositions d’organisation correspondant davantage à leurs besoins.
 
Le SE-Unsa considère qu’une véritable École de la confiance devrait passer par une auto-évaluation des besoins des équipes pour ensuite arriver aux besoins de formation, aux organisations adéquates.
La rigidité centralisée de l’École publique rend parfois difficile la mise en place de pédagogies alternatives. Et ce n’est pas la circulaire de rentrée qui va aider à améliorer la tendance...