5 octobre : journée mondiale des enseignant·e·s

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Cette année, cette journée coïncide avec le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948) qui inscrit l’Éducation parmi les droits fondamentaux et proclame le droit à l’enseignement gratuit et obligatoire, et à un accès équitable et inclusif à l’éducation pour toutes et tous. 
Ainsi,  ce « droit à l’éducation » recoupe le droit à bénéficier d’un personnel enseignant qualifié. 

 
Enjeux quantitatifs
 
La pénurie d’enseignants est un problème persistant dans le monde, notamment en Afrique Subsaharienne (70% de cet ensemble géographique ont une pénurie extrême dans l’enseignement primaire et de 90% dans l’enseignement secondaire), mais aussi en Europe et en France. Or, on dénombre environ 264 millions d’enfants et de jeunes non scolarisés à travers le monde et près de 774 millions d’adultes ne sachant ni lire ni écrire. 
 
Pour enrayer cet état, il faudrait donc recruter 69 millions de nouveaux enseignants pour réaliser l’objectif de l’Agenda de l’Education d’un enseignement primaire et secondaire universel d’ici 2030. 
 
Les enseignants sont au cœur de la transmission dans la mise en place d’une éducation de qualité pour toutes et tous, quel que soit l’âge.

 
Enjeux qualitatifs
 
Une étude de 2015 sur la formation des enseignants, à partir de données extraites de PISA (72 pays), démontre que là où les élèves réussissent le mieux, la formation initiale et continue des enseignants est présente et performante. 
 
Parfois, face à cette pénurie, des contractuels sont recrutés ; ces enseignants perçoivent des salaires plus faibles et bénéficient, en général, d’un moindre accès à la formation initiale et continue. Dans d’autres cas, les effectifs des classes augmentent pour compenser le manque d’enseignants, ce qui est néfaste aux apprentissages.
 
Il faut donc recruter des enseignants avec un salaire décent, des perspectives de carrière et des meilleures conditions de travail. Mais surtout, il faut les préparer à leur métier par une formation initiale de qualité, ainsi que de réelles possibilités de formation continue. 

 
Enjeux de crise
 
La crise migratoire doit nous amener à repenser aussi la formation des enseignants. Selon le HNHCR, 21,3 millions de jeunes de moins de 18 ans ont dû quitter le foyer et ont vu leur droit à l’éducation menacé ; en 2017, plus de 20 000 jeunes sont arrivés en Europe. 
 
Les enseignants doivent être formés pour soutenir et accompagner ces enfants et ces jeunes réfugiés et migrants pour qu’ils deviennent eux aussi les citoyens éclairés de demain.
 
Pour le SE-Unsa, il faut agir aujourd’hui pour penser l’avenir. Pour cela, il faut que ces besoins éducatifs cessent d’être considérés comme des sources d’économies budgétaires, mais comme un investissement primordial, de manière à permettre à chacun de penser librement, d’appréhender le monde et d’y être acteur.