Évaluations CP : faisons confiance aux enseignants

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Pour le SE-Unsa, les enseignants doivent s’autoriser à faire leur propre choix pédagogique dans l’utilisation de ces évaluations. Il ne doit y avoir aucune pression exercée envers les équipes dans la mise en œuvre de ce dispositif. En effet, aucun texte règlementaire n’impose ce protocole d’évaluations.
 
Comment faire son propre choix ?
 
Juger la pertinence des exercices proposés
Le choix des exercices  ou encore les conditions de passation relèvent de la responsabilité pédagogique des enseignants : vous pouvez sélectionner les exercices qui vous paraissent pertinents et utiliser ainsi tout ou partie du dispositif.
 
Prendre son temps
Le timing prévu pour chaque exercice est sous-estimé. Ne pas hésiter à donner du temps, à reformuler, à donner des exemples, à passer par de la manipulation.
 
Ne pas stresser soi-même pour ne pas stresser les élèves
On a tout le mois de septembre pour faire passer ces évaluations. La présentation de cette évaluation aux élèves doit être dédramatisée au maximum, ne pas hésiter à leur dire qu’ils vont la tester, qu’il y a des choses faciles et d’autres difficiles, qu’on leur demande juste de faire de leur mieux, et que s’ils ne savent pas ou se trompent, c’est normal.

Se faire aider
La quasi totalité de la passation est prévue en collectif mais elle sera difficilement gérable seul en classe entière. Toute aide sera la bienvenue (enseignant de Rased ou PDMQDC “survivant”, remplaçant,...).
 
Faire remonter son avis
Les enseignants de CP sont les mieux placés pour déterminer comment une évaluation de début d’année peut leur être utile pédagogiquement. C’est pourquoi nous proposerons à ceux qui le souhaitent, enseignants de CP mais aussi d’autres niveaux, de nous faire remonter leur avis sur ces évaluations tant sur la forme que sur le fond via un questionnaire en ligne à venir.
 
D’où sortent ces évaluations ? 

Elles ont été faites par la DGESCO en urgence pendant l’été pour répondre à la commande ministérielle… le résultat est bâclé, et n’est pas validé sur le plan scientifique. On est loin de la qualité des anciennes évaluations, même si celles-ci interrogeaient déjà sur leurs objectifs.
Le ministère avoue lui-même qu’il s’agit d’une expérimentation “généralisée”, d’une version bêta en quelque sorte, et qu’il compte sur les retours des enseignants pour améliorer le protocole.
 
À quoi servent-elles ?

Officiellement ces évaluations doivent permettre à chaque enseignant de classe de CP d’avoir une connaissance précise des acquis des élèves. Elles ont vocation à compléter la synthèse établie en fin de GS.
On peut être surpris néanmoins que les objectifs indiqués pour chaque exercice ne le soient pas sous forme de compétences testées ni en accord avec les attendus de fin de cycle 1.
Par contre il est certain que les élèves habitués aux exercices sur fiches papier/crayon en grande section seront plus à l’aise. Il est pourtant clairement précisé dans les programmes de maternelle : “Dans tous les cas, les situations inscrites dans un vécu commun sont préférables aux exercices formels proposés sous forme de fiches.
 
Que dire aux parents ?

Il est essentiel de bien présenter aux parents cette évaluation pour ce qu’elle est, c’est-à-dire expérimentale et imparfaite. Elle n’apportera pas ou très peu d’éléments pertinents sur ce que leur enfant sait, elle sera bien sûr complétée par les observations de l’enseignant et ses propres évaluations au fil de la première période. Il nous semble préférable de ne surtout pas transmettre aux parents les résultats de ces évaluations sans les accompagner d’autres éléments plus parlants et pertinents concernant les compétences de leur enfant.