Bacheliers pro et techno dans le sup : vers des mesures contraignantes ?

| popularité : 1%
Malgré un volontarisme affiché depuis 2013 (Loi Fioraso), il n’y a toujours pas assez de bacheliers pro en sections de techniciens supérieurs (STS) et de bacheliers techno en institut universitaire de technologie (IUT). La ministre de l’Éducation nationale a donc annoncé le 1er février qu’elle demandera aux recteurs de fixer « par arrêté » des quotas minimaux de bacheliers pro, STS par STS, et de bacheliers technos, IUT par IUT.

En 2013, première année de mise en place des quotas (non contraignants), les résultats ont été encourageants. Malheureusement, l’évolution ne s’est pas confirmée en 2014 et il est resté, cette année là, 6 000 bacheliers pro qui ont du s’inscrire en première année de licence à l’université alors même que leur premier vœu était une STS. L’échec a été massif. De même en IUT, la pression du nombre de demandes de bacheliers généraux implique encore une limitation du nombre de bacheliers techno.

Le ministère a donc réagi en demandant aux recteurs de formaliser par un acte administratif les objectifs des uns et des autres. Il s’agit de pousser les bacheliers généraux à s’inscrire à l’université où leurs taux de réussite sont bien meilleurs que ceux des bacheliers pro ou techno. Il n’est cependant pas prévu que ces formalisations créent un droit opposable. Autrement dit, un étudiant non retenu dans une formation demandée ne pourra faire valoir ces quotas pour obtenir satisfaction.

Du coté des directeurs des IUT, la mesure est jugée sévèrement. Les arguments donnés semblent curieux puisqu’on y craint « une démotivation des équipes pédagogiques » et « un effondrement des taux de réussite au DUT »… Comme si il ne pouvait pas être motivant de faire réussir des élèves ayant des profils différents.

Pour le SE-Unsa, il est indispensable que l’institution fasse tout ce qui est possible pour éviter l’échec massif des bacheliers pro et techno en première année de l’université. Si on doit en passer par des quotas contraignants, allons-y !