Traduction d’Amanda Gorman : non aux disqualifications par la couleur de peau

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La poétesse Amanda Gorman a récemment illuminé la cérémonie d’investiture de Joe Biden, avec la lecture d’un poème débordant de talent et d’espoir, adressé à pays qui connaît les affres de la division.
 
Les textes d’Amanda Gorman ont fait l’objet de demandes de traduction venues d’éditeurs du monde entier. Ce fut le cas aux Pays-Bas, où Marieke Lucas Rijneveld a été pressentie pour traduire ce poème. À ce moment, des voix se sont élevées pour contester la légitimité d’une jeune femme blanche pour traduire une jeune femme noire. Cette campagne de récusation a poussé Marieke Lucas Rijneveld à abandonner ce projet. En Catalogne, c’est le traducteur Victor Obiols qui a vu cette tâche lui échapper : trop homme et trop blanc.
 
Ainsi, une forme répugnante d’activisme a conduit au retrait de traducteurs blancs jugés - a priori - incapables de s’immerger dans la pensée, de restituer les mots et le champ émotionnel d’une auteure noire. Dès lors, seuls les noirs auraient licence pour traduire des noirs, malgré des différences d’appartenance nationale, géographique, sociale ou culturelle ? Cette logique s’inscrit limpidement dans la tradition raciste et ségrégationniste qui a prévalu pendant des siècles, avant que n’émergent, dans les têtes et dans le droit, la notion d’universalité de la personne humaine.
 
Dans notre histoire, bien des murs de séparation des populations ont été édifiés, de Berlin à la frontière du Mexique. Mais pour le SE-Unsa, les murs les plus dangereux sont ceux qui séparent les humains en raison de la couleur de l’épiderme, qui consolident les préjugés et le racisme. N’en construisons pas !