8 mars 2021 : un bilan encourageant mais des progrès à consolider

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Cette journée internationale des droits des femmes est l’occasion d’établir un bilan, notamment par le prisme de deux temporalités, vingt-six ans après le programme d’action de Beijing qui vise à permettre à toutes les filles et les femmes d’exercer leurs libertés et leurs droits et compte tenu de la pandémie du coronavirus qui a particulièrement mis en lumière leurs situations.
 
 
Une expansion d’une culture de l’égalité
 
Au niveau mondial, la culture de l’égalité a progressé depuis la déclaration et le programme d’actions de Beijing 1995. En effet, le pourcentage de sièges de parlementaires occupés par des femmes a doublé en atteignant 25 %. Désormais, 3/4 des pays disposent de lois contre les violences conjugales. De plus, au cours des 10 dernières années, 131 pays ont promulgué des réformes en faveur de l’égalité des droits. En outre, alors qu’en Pologne les lobbies religieux et conservateurs ont réussi à interdire l’accès à l’avortement, l’Argentine l’a légalisé : une révolution pour ce pays qui pourrait faire école sur le continent latino-américain. Néanmoins, en 2020, 31 % des jeunes femmes âgées de 15 à 29 ans n’étaient pas employées ou en formation, un taux deux fois plus important que celui des hommes. De plus, les femmes ont été rémunérées seize fois moins que les hommes. Enfin, celles âgées de 25 à 34 ans ont eu 25 % de risques supplémentaires que les hommes de vivre dans une extrême pauvreté.
 
 
Une progression de la perception des inégalités
 
Alors que la France n’est classée que quinzième en matière d’égalité des sexes selon le classement du Forum économique mondial, les avancées sont à approfondir. Par exemple, à l’École, même si les filles ont rattrapé les garçons sur le plan scolaire, cela ne se traduit pas forcément par une meilleure insertion professionnelle en raison d’orientations qui sont parfois genrées. En outre, la parole et l’écoute qui se libèrent dans la société permettent de mettre en lumière des tabous. Ainsi, la précarité menstruelle a concerné une fille sur dix dans les familles les plus démunies en 2019. Pour y pallier, des initiatives se mettent en place comme dans les lycées d’Île-de-France où des distributeurs de protections hygiéniques gratuites sont installés depuis la rentrée 2020. Ainsi, la perception des inégalités progresse selon la troisième édition du baromètre Priorité(s) femmes  : 29 % des sondés considèrent que l’égalité y atteint un seuil acceptable.
 
 
Une augmentation de la charge mentale des femmes durant la pandémie
 
La crise sanitaire mondiale a mis en lumière le rôle des femmes dans les sphères privée et professionnelle. En effet, en moyenne, les femmes accomplissent trois fois plus de travail domestique et de soins non rémunérés que les hommes, et cette charge de travail s’est accrue avec les confinements. De plus, elles sont en première ligne avec les métiers dits « féminins » : santé, éducation, propreté, alimentation, distribution… Or ces métiers essentiels sont souvent faiblement rémunérés, insuffisamment valorisés socialement et parfois précaires.
Enfin, en France, la crise avec les restrictions de déplacement a notamment renforcé la mobilisation contre les violences conjugales : la meilleure prise en charge des victimes et la mise en place de dispositifs ont permis une diminution des féminicides en 2020, une première depuis quinze ans.
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Le SE-Unsa soutient cette journée internationale des droits des femmes car l’engagement pour l’égalité entre les femmes et les hommes est essentiel. Comme le souligne la Déclaration universelle des droits de l’homme, tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Bien que des avancées soient manifestes, des stéréotypes sont encore à bousculer pour circonscrire les inégalités qui empêchent des filles et des femmes de s’épanouir librement. À cet effet, la prévention et l’Éducation sont déterminantes pour construire un futur égalitaire.
 
 
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