Refondation, point d’étape

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Les 2 et 3 mai derniers, les Assises de la Refondation se sont tenues à Paris avec trois ministres de l’Éducation, le Président de la République et le Premier Ministre. L’occasion de faire un point d’étape, quatre ans après le lancement des travaux.

Que s’est-il passé depuis quatre ans ? Beaucoup. Qu’en a-t-on vu dans les écoles et les établissements ? Trop peu.

Oui, un travail considérable a été mené au niveau national pour créer les nouveaux cycles, le nouveau socle commun, les nouveaux programmes de la scolarité obligatoire et de la maternelle, les nouvelles modalités de l’évaluation, la nouvelle organisation des enseignements à l’école primaire et au collège. La lutte résolue contre le décrochage a permis à 40 000 jeunes de revenir en formation. La voie professionnelle a fait l’objet de nouvelles propositions. La transformation numérique est progressivement prise en compte. Les Espé ont été créées même si on est encore loin d’une véritable formation professionnelle initiale intégrée.

Les nouveaux rythmes ont beaucoup focalisé la contestation, à juste titre, quand les projets locaux n’étaient pas à la hauteur des objectifs visés. Quant à la contestation de la réforme du collège, elle s’est surtout centrée sur la réduction de la place des options facultatives, une entrée difficilement défendable quand la priorité est à la lutte contre les inégalités.

La poussée démographique a réduit l’impact concret de la création de 43 000 postes à ce jour. Les taux d’encadrement n’ont pas encore retrouvé leur niveau d’avant 2002 et les dix ans de droite, avec 80 000 suppressions de postes, qui ont détruit moyens de remplacement, RASED, formation initiale et continue des personnels, aggravé les conditions de travail de tous, et dégradé les résultats de notre système éducatif(*). La majorité des moyens créés ont été concentrés sur la formation initiale des personnels et sur l’éducation prioritaire. Qui peut contester que l’urgence était d’abord là ?

Alors, c’est sûr, au SE-Unsa, on aimerait que les moyens soient encore plus importants. Nous ne sommes pas les seuls à le demander. Le Conseil d’Analyse Stratégique vient de dire la même chose dans sa note d’analyse « 2017-2027, quelles priorités éducatives ? ». Les personnels attendent moins d’élèves dans chaque classe, un meilleur accompagnement des élèves en inclusion, une formation continue en phase avec leurs attentes professionnelles, une ligne plus claire en matière d’évaluation, une transformation du lycée pour qu’il prépare mieux tous les jeunes à l’enseignement supérieur, et des mesures plus contraignantes pour assurer la mixité sociale. Enfin, ils attendent une reconnaissance  (pas que symbolique) des responsabilités accrues qu’ils assument dans l’organisation des parcours d’apprentissage de tous les élèves.

L'action réformiste pour une École efficace et bienveillante pour les élèves et les personnels continue.

 (*) voir les résultats PISA 2003 et 2013