L’éducation contre le déterminisme

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La Depp(*) a mené une étude européenne sur le sujet du décrochage précoce. Elle conclut que les politiques publiques axées sur une intervention précoce et coordonnée semblent plus efficaces. Les principes de la Refondation sont ainsi validés même si, pour l'instant, les effets ne sont pas encore observables.

En France, on définit comme ayant un « faible niveau d’étude », les jeunes âgés de 18 à 24 ans qui ne possèdent ni CAP, ni BEP, ni diplôme plus élevé et qui n’ont pas suivi de formation au cours des quatre dernières semaines précédant l’enquête (enquête Emploi).
Alors que la cible nationale a été fixée à 9,5 % d’ici 2020, les jeunes âgés de 18 à 24 ans résidant en métropole comptent 9,7 % de sortants précoces, soit environ 500 000 jeunes. On peut donc considérer que, pour eux, l’Éducation nationale ne remplit pas actuellement son rôle. Alors qu’on observait une forte décrue du décrochage entre 1982 (34,7 %) et 2002 (13,7 %), la dernière décennie marque une légère stagnation.
 

Quels leviers pourraient diminuer ces statistiques ?
Deux traits des systèmes éducatifs montrent leur efficacité dans ce domaine.
En premier lieu, la continuité structurelle entre les enseignements primaire et secondaire de premier cycle à travers l’existence de « troncs communs » non sélectifs, telle que promue par les pays scandinaves, semble favorable.
En France, le rapprochement entre l’école et le collège va dans le bon sens. Tout comme l’harmonisation des enseignements proposés aux élèves et la mise en place des Enseignements pratiques interdisciplinaires (Epi) pour tous, dans la récente réforme du collège, qui tentent de relever ce défi. Aux équipes enseignantes de s’en saisir.
En second lieu, le développement et la valorisation des enseignements professionnels (cas des pays dotés de forts systèmes d’apprentissage) protègent du décrochage.
Preuve en est de l’influence de ces deux leviers, les pays du bassin méditerranéen, où l’enseignement secondaire est marqué par l’existence de filières sélectives et/ou par la faiblesse des certifications professionnelles, ont un niveau élevé de sorties précoces.

D’autres leviers sont repérés par cette étude. En Irlande, où le taux de décrochage a sensiblement baissé, l’action est centrée sur l’éducation prioritaire conjuguant des moyens budgétaires additionnels pour les établissements ciblés, des approches favorisant le bien-être des élèves, le renforcement des liens avec les familles et la mobilisation du milieu associatif. Cela confirme, si besoin en est, que la refonte et la relance de l’éducation prioritaire sont primordiales.

Mais il faut que le ministère se donne les moyens, y compris en formation continue, pour permettre à tous les élèves de mieux entrer dans la culture de l’École au plus vite. Cette dernière se devant aussi de promouvoir la découverte de parcours de formations concrètes et qualifiantes.

(*) Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance