Élections américaines : mauvais coton

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L'élection d'un bateleur populiste à la Maison Blanche vient d'infliger une gifle aux démocrates du monde entier. Que le pays le plus puissant de notre planète ait confié sa destinée aux mains d'un président aussi démagogue et imprévisible inquiète et interroge.
Ce résultat électoral nous dit combien, si l’on n’y prend garde, nos sociétés démocratiques peuvent se trouver fragilisées, à la merci de dirigeants bien peu éclairés, qui refusent de concevoir la complexité du monde. L’euphorie de la victoire pourrait rapidement virer au cauchemar.
Au-delà de l’inquiétude, il y a nécessité de nous interroger sur la motivation qui a conduit une majorité d’électeurs à faire confiance à un personnage si grossier et brutal, et à soutenir les idées simplistes et souvent incohérentes qu’il a assénées. Cette question devient lancinante au regard des errements de nos démocraties qui lentement basculent dans le repli, le rejet, la stigmatisation… Si l’on n’y prend garde, les murs que l’on érige pour se protéger finiront par nous enfermer.
Le barbelé, le béton armé, la contrainte supplantent peu à peu la solidarité, la fraternité et la liberté. Autant de barrages dérisoires face aux menaces qui guettent une planète qui file, depuis quelque temps, un bien mauvais coton. L’humanité est Une. C’est seulement ensemble, unis et solidaires que l’on pourra relever les défis de notre monde en pleine mutation.
 
Christian Chevalier,
Secrétaire général du SE-Unsa