Classes bilangues : le retour ?

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Avec l’élection du nouveau président de la République, les médias relaient des propositions de changements à l’Éducation nationale. C’est le cas pour un rétablissement des classes bilangues. Nous avons rencontré le nouveau ministre qui a commencé à apporter des précisions.
 
Ce que l’on sait
Dans le programme d’Emmanuel Macron, une des premières mesures annoncées était de rétablir les classes bilangues dès la rentrée de septembre. Cette proposition a été relayée dans les médias mais aussi par le président lui même sur les réseaux sociaux. Lors de notre rencontre, le ministre a confirmé cette annonce en évoquant le retour de "parcours bilangues" auxquels il est attaché. Pour lui, il s’agit d’encourager "l’autonomie des établissements" en leur permettant d’utiliser "pleinement" les marges (la dotation horaire supplémentaire), et ce, sans contrainte réglementaire. Pour autant, il ne remettrait pas en cause l’introduction de la LV2 en 5ème. Un projet d’arrêté sur l’organisation des enseignements au collège devrait être présenté au Conseil Supérieur de l’Education du 8 juin. Nous n’en connaissons pas encore le contenu.
 
L’avis du SE-Unsa
Pour le SE-Unsa, il semble difficile de mettre en place de nouveaux dispositif s"bilangues" d’ici la rentrée de septembre car la répartition des moyens est déjà validée dans la quasi-totalité des établissements.
Par ailleurs, les classes bilangues représentaient, jusqu’à leur suppression en 2016, un dispositif réservé à quelques élèves et généralement pas les plus en difficulté. Le SE-Unsa n’est pas favorable à la possibilité de ponctionner les marges d’autonomie au profit des plus en réussite et au détriment des plus fragiles. Il souhaite le maintien d’un cadre national fort, seul en mesure de garantir l’équité.
Le SE-Unsa reste attaché à un collège qui donne les mêmes chances à tous les élèves et défend l’apprentissage d’une deuxième langue vivante pour tous les élèves dès la 5e.
 
Dans ce domaine comme dans d’autres, le SE-Unsa rappelle que détermination ne rime pas avec précipitation. Une décision rapide pourrait avoir des conséquences sur l’organisation des établissements et le service des enseignants. Lire notre article suite à la nomination du nouveau ministre de l’Éducation nationale.